Muay Thaï, découvrez l'histoire et les origines de cet art martial

Le Muay Thaï, un art martial complet

Des valeurs morales fortes

Une tradition millénaire

Le muay-thaï, un art martial ancestral mêlant intimement prouesses techniques, valeurs morales et tradition.

Prestige-Fight présente le combat Fabio PINCA vs Abdo CHAHIDI
Prestige Fight, rituel avant combat de boxe Muay Thaï

Toute une tradition

La tenue traditionnelle du boxeur muay-thaï est composée d’un bermuda en coton, le gung gaeng kaa guay, d’un prajeet sorte de bandeau tressé porte-bonheur porté autour du bras et destiné à garantir l’invulnérabilité (chaque couleur représentant un niveau) et d’un mongkon, couronne magique constituée d’une première bande de tissu comportant des lettres et symboles sacrés. Cette bande de tissu est roulée afin de créer une corde, elle-même enroulée par une deuxième bande de tissu imprégnée de la puissance du maitre de cérémonie. Le mongkon protège la partie la plus sensible du combattant : sa tête. Il n’est porté que lors du Ram Muay pour assurer sa protection et symbolise la transmission de la force et du savoir du maître à l’élève.

Le Waï Khru, par exemple, est une coutume ancestrale visant à rendre hommage à ceux qui détiennent la connaissance, le savoir – le Khru. Il faut savoir qu’en Thaïlande dans la hiérarchie sociale, les parents sont les maitres originels de tous les individus ; le roi est le maitre suprême, le Khru Yai.
Ainsi le Waï Khru rend hommage à tous les Maîtres, au maitre de muay-thaï plus particulièrement, aux parents, entraineurs ou mentors. Une relation solide lie l’enseignant et le disciple qu’on appelle le Nak Muay.

De la même manière, les disciples d’un même maitre sont considérés comme des frères et sœurs (Pee Nong).
Le Wai Khru commence lorsque le boxeur effectue le tour du ring en s’inclinant respectueusement et en touchant trois fois chacun des quatre coins rendant ainsi hommage à son maître et à ses parents (un coup de poing pour chacune des personnes, ou si les parents comptent pour une entité, le dernier coup symbolise le public venu voir le combat).

A l’origine, le combattant faisait le tour du ring avant le combat pour imprégner de son aura sur l’ensemble de ce lieu considéré comme dangereux afin de mieux se l’approprier. Ainsi, le boxeur inspectait donc les lieux du futur combat.
Par ce rituel, aucun endroit du ring ne deviendrait un refuge pour son adversaire.

Auparavant le vainqueur exécutait de nouveau un Wai Khru à la fin du combat pour démontrer sa joie. De nos jours, cela ne se fait plus.
Agenouillé au centre du ring la deuxième partie du Wai Khru consistait à rendre hommage aux «anciens» en s’inclinant par trois fois vers le sol et hommage au roi en regardant vers le ciel.
De nos jours, la signification historique de ces gestes a disparu même si le rituel perdure.
Il faut préciser qu’il n’existe aucune connotation religieuse au Waï Khru.
Il se termine lorsque le combattant se relève du centre du ring.

C’est alors qu’il commence son Ram Muay.

Les boxeurs exécutent une danse rituelle autour du ring accompagnés par un orchestre ; danse faisant appels à des figures légendaires servant également d’échauffement.
Il est à noter, qu’à l’origine, chaque danse, était propre à une région.
Le combat se déroule initialement au son d’une musique traditionnelle s’adaptant à l’intensité des phases du combat.

La muay-thaï reste le sport le plus populaire en Thailande, pratiqué par tous les âges et toutes les classes sociales. En outre sa pratique se développe rapidement à travers le monde entier.

La boxe Muay Thaï ou boxe thaïlandaise ou encore Thai boxing (à ne pas confondre avec le kick boxing) est un sport de combat originaire de Thaïlande.

Cet art martial très ancien trouverait ses origines, il y a plus de deux mille ans; Origines exactes demeurant incertaines car peu d’écrits ont survécu aux différentes invasions birmanes ; seule une tradition orale a été transmise au fil des siècles à travers des mythes et légendes.

Le Muay Thaï ou « boxe du peuple thaï » prône des valeurs morales fortes qui sont : la maitrise de soi, le courage, le respect, la loyauté, l’honneur, l’humilité, le fair play, la moralité. Cet art martial est classé dans la catégorie des boxes pieds-poings.

Son origine se puise dans des pratiques ancestrales telles que le muay boran (boxe traditionnelle, littéralement « boxe ancienne », « muay » pour boxe et « boran » pour ancienne) et le krabi krabong (pratiqué avec des armes).

Le muay-thaï est un sport très complet. Le combattant utilise tout son corps pour combattre : pieds, poings et coudes (dans certaines compétitions) et fait appel à des techniques ancestrales comme le coup de pied circulaire par exemple.

Il n’est pas seulement un art martial impressionnant mais est aussi un ensemble de rituels et traditions évoquant toute une philosophie de vie.

Tradition thaïlandaise
Enfant en tenue traditionnelle thaïlandaise
Icône ancienne thaï
Pratique de la boxe Muay Thaï par des enfants
Le Muay Thaï mêle tradition et histoire, gardiens de temple

Un peu d’histoire

Le Muay Thaï a été fondé, originellement, à des fins militaires.
Si les archives historiques sont rares, il est communément admis que les thaïlandais ont hérité des arts martiaux kmers (suite à la victoire d’Ayutthaya sur le royaume khmer d’Angkor en 1431).
Selon la tradition, en 1411, à la mort du roi Sen Muang Ma, ses deux fils, Ki et Fang se battirent pour s’emparer du pouvoir.
Leurs armées respectives n’arrivant pas à se départager, ils décidèrent de régler leur conflit par un duel. Chaque camp désigna son meilleur boxeur. Le combattant de Fang fut battu et Ki monta sur le trône. La technique de combat de son guerrier (« boxeur ») fit école.

Au 16ème siècle, le muay-thaï faisait partie de l’entraînement militaire. Le roi Naresuan le grand ou le Prince Noir, qui régna de 1590 à 1605, aurait encouragé son intégration dans les exercices martiaux.

Le muay thaï atteignit sa plus grande popularité au début du 18ème siècle, sous le règne de Pra Chao Sua, « le Roi Tigre ». C’était la distraction favorite de la population.
Chaque village organisait des combats régulièrement. Le roi, boxeur émérite, aimait à défier les champions locaux.
À cette époque, les combattants se protégeaient les poings grâce à des bandages constitués de crins de cheval. Ensuite, le crin fut remplacé par des bandes de coton maintenues avec de la glu.
Des coquillages ou des écorces d’arbres, étaient utilisés en guise de protection (coquille).
Parfois, avec l’accord des deux boxeurs, des morceaux de verre pouvaient être ajoutés dans la glu des bandages. À cette époque, les combats se déroulaient sans catégories de poids ni de limite de temps ; c’est ce qu’on appelle combat « au finish ».

Selon l’une des nombreuses légendes qui enveloppent le muay-thaï, Naï Khanom Tom, soldat et boxeur, capturé et emprisonné, par les armées birmanes ennemies lors du pillage de l’ancienne capitale thaïlandaise Ayutthaya, en 1767, fut opposé à dix champions birmans qu’il terrassât.

Le roi Mangra de Birmanie fut l’un des premiers à acclamer le vainqueur du tournoi et lui rendit sa liberté.

Suite à cet exploit, Naï Khanom Tom est devenu un héros national célébré chaque année par un jour de fête, « la nuit des boxeurs » qui a généralement lieu le 17 mars, journée donnant lieu à l’organisation de nombreux combats.

La boxe thaïlandaise et ses combats au finish fut interdite en 1921 au motif qu’elle était dangereuse.
Vers 1930, elle réapparut en adoptant les règles de compétition et les techniques de poings de la boxe anglaise (gants de boxe, ring, reprises, interdiction des coups de tête, etc.).

Le Muay Thaï mêle tradition et histoire, gardien de temple à l'épée
Icône ancienne thaï

A l’étranger

Le tourisme grandissant en Thaïlande a permis à d’autres nations de découvrir ce sport.

Il s’est d’abord développé aux Pays-Bas, mais s’est vite répandu en France, venant ainsi concurrencer la pratique du Full contact (boxe pieds et poings appelée également boxe américaine) et le kick-boxing américain (ou low-kick dans sa version d’origine et dans sa version japonaise, le kick-boxing japonais (ou K-1).

En 1980, Pud Pad Noy Worawut, l’un des dix meilleurs boxeurs thaïlandais de tous les temps, s’installe en France et pour y enseigner un muay-thaï authentique.

Un peu de technique

Comme nous le disions précédemment, le muay-thaï est un sport complet nécessitant la maîtrise de nombreuses techniques, en voici quelques-unes:

  • Techniques de poing (Mat)
  • Techniques de pied (Tei)
  • Coups de pied pénétrants (Teep)
  • Techniques de genou (Khao)
  • Techniques de coude (Sok)
  • Techniques de corps à corps (Pam)
  • Techniques de projection et de fauchage :
    • projection : consiste à éloigner de soi en projetant le corps de son adversaire afin de sortir d’un corps à corps – sans passage de hanche,
    • fauchage : consiste à déséquilibrer ou faire chuter l’adversaire par un coup de pied bas circulaire.).
  • Techniques de blocage et de saisie
    • Le blocage consiste à empêcher qu’un coup atteigne le point visé (blocage avec le bras ou le tibia).
    • Saisie : consiste à prendre un coup avec la ou les mains, d’un mouvement rapide pour le tenir et ainsi le contre-attaquer.
  • Techniques d’esquive
  • Termes thaïs (Muay bang – techniques de parade et d’esquive)
Entrainement à la boxe Muay Thaï en Thaïlande
Prestige Fight présente deux boxeurs se'affrontant durant le gala de la Salle Wagram

Les catégories professionnelles officielles du Rajadamnoen (stade de boxe situé à Bangkok entièrement dédié au muay-thaï) :

  • Paille (-47,5 kg)
  • Mi-mouche (-49 kg)
  • Mouche (-51 kg)
  • Super-mouche (-52,5 kg)
  • Coqs (-53,5 kg)
  • Super-coqs (-55,5 kg)
  • Plumes (-57,5 kg)
  • Super-plumes (-59 kg)
  • Légers (-61,5 kg)
  • Super-légers (-63,5 kg)
  • Welters (-67 kg)
  • Super-welters (-70 kg)
  • Moyens (-72,5 kg)

En Europe, les catégories sont différentes selon les fédérations et correspondent très souvent aux organismes internationaux de boxes pieds-poings (notamment la WKA, ISKA, WKF et WAKO). Ainsi, il faut rajouter les catégories moins de 75 kg, moins de 81 kg, moins de 90 kg puis les plus de 90 kg (poids lourds).

Quelques précisions :

En France deux fédérations veillent à l’application des règles dans la pratique du muay-thaï en compétition :

  • La FFKMDA : Fédération Française de Kick-boxing Muay-thai et Disciplines Associées (fédérations reconnues par l’état),
  • L’AFMT : Académie Française de Muay Thaï.

Les boxeurs (nak-muays) doivent se présenter dans une tenue appropriée au combat, se composant d’un bermuda et d’un suspensoir pour la coquille.
Ils doivent combattre torse nu et pieds nus, mais sont autorisés à porter des chevillières. Ils peuvent nouer un ruban appelé « prajeet » autour d’un ou des deux bras.
La coiffure sacrée appelée « mongkon » est permise durant les phases préliminaires et rituelles mais doit être retirée avant le début du combat.

Les juges et arbitres

La décision finale est une décision collégiale donnée par trois juges et un arbitre qui complètent leurs bulletins respectifs à l’issue de chaque reprise. La décision finale est donnée après le dernier round.

Score – attribution des points

Les points sont attribués selon les critères d’évaluation suivants :

  • La technique, la précision, la puissance, les dommages causés par chaque coup (de poing, de pied, de coude et de genou),
  • L’habileté défensive,
  • La combativité et l’habileté à l’attaque,
  • En cas d’égalité : 10 points sont accordépar round à chacun des deux combattants,
  • Léger avantage : 10 points à 9,
  • Avantage net : 10 points à 8,
  • Avantage écrasant : 10 points à 7.

Quand les combattants obtiennent le même nombre de points, la victoire revient à celui jugé qui sera jugé le plus combatif. – Pénalité : L’arbitre est autorisé à retirer un point chaque fois que le protagoniste commet une faute grave ou faute mineure mais répétée.

Les irrégularités

Les boxeurs commettant les irrégularités suivantes seront pénalisés :

  • Frapper un adversaire lorsqu’ il est à terre ou en train de se relever ou après la fin du round,
  • Tirer les cheveux,
  • Mordre ou cracher,
  • Mettre un doigt dans l’œil de l’adversaire,
  • Prendre appui sur les cordes,
  • Combattre en se tenant à une corde.
  • Faire preuve de duplicité, en feignant par exemple de tomber, de glisser sous les cordes ou de se cacher derrière l’arbitre.
  • Frapper intentionnellement les organes génitaux.
  • Commettre n’importe quelle action incorrecte susceptible de blesser l’adversaire.

Quelques précisions :

Un combattant qui commet une faute sans toutefois causer un handicap ou infliger une blessure à l’adversaire recevra un avertissement et sera pénalisé d’un point.

Le combattant qui commet volontairement une irrégularité pénalisant ou blessant l’adversaire peut perdre le match pour faute ou être disqualifié par l’arbitre, sans préavis s’il réitère son attitude durant la rencontre.

En cas de faute involontaire empêchant la poursuite du combat, l’arbitre arrête la rencontre ; il attribuera, donc, la victoire par K.O. technique au boxeur ayant obtenu le score le plus élevé, ou déclarera le match nul en cas d’égalité des scores.

Un boxeur peut se plaindre d’avoir subi une irrégularité auprès de l’arbitre, qui prendra immédiatement une décision.

La victoire est proclamée

  • aux points,
  • par K-O si l’adversaire tombé à terre ne se relève pas dans les 10 secondes,
  • par K-O technique, l’arbitre interrompt le combat si un boxeur :
    • n’est pas en état de continuer,
    • ne se présente pas après l’appel du gong,
    • est victime d’une blessure qui l’empêche de poursuivre le combat.
  • par décision du médecin
  • par abandon de l’un des combattants,
  • par disqualification de l’adversaire pour faute grave,
  • par décision des juges : A l’issue du combat, les juges attribuent la victoire au boxeur ayant obtenu le score le plus élevé.
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